C'est par l'articulation très libre de simples éléments que Claude Bourguignon se rend maître d'un espace tendu en souple équilibre. Son chiffre est donc dans la mesure architectonique mais s'opère dans la transgression des strictes données constructivistes. En marge de toute dépendance signifiant-langage régi par un graphisme précis, constitué de plans clairement définis, parcouru d'une étrange et douce lumière, porteuse d'une sérénité poétique qui rompt la sévérité de l'écriture en lui conférant un ton singulier.
Au sein de ce climat rigoureux la courbe est bannie. chaque terme s'inscrit dans une problématique rationaliste dont l'agencement procède d'une grande sobriété de moyens. Verticales et obliques, angles et plans dialoguent pourtant sans dureté et scellent leurs destinées sans heurt. A cela il faut ajouter la vivacité d'un chromatisme subtilement dominé qui exalte l'essor austère de ces rythmes silencieux.
Voilà un art sans artifice qui nous sollicite autant par l'émotion contenue qu'il recèle que par sa puissance de synthèse
Gérard Xuriguera